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  • Spanish Dance in Paris 8

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  • D’après Spanish Dance de Trisha Brown, New York, 1973

    Avec les enseignantes-chercheuses du département Danse
    (Laetitia Doat, Federica Fratagnoli, Isabelle Ginot, Isabelle Launay, Sylviane Pagès, Julie Perrin, Ninon Prouteau, Christine Roquet, Julie Perrin, Katharina Van Dyk)

    Pour la première édition de la Semaine des Arts, En tête, à Paris 8, les enseignantes-chercheuses du département Danse, quelque soit leur statut académique et leur champ de recherche, ont souhaité faire un acte qu’elles n’ont encore jamais fait : danser et actualiser ensemble une œuvre chorégraphique. Spanish dance est une pièce de 3 minutes 30, créée en 1973 par la chorégraphe américaine Trisha Brown, figure importante d’un courant connu sous le nom de postmodern dance.


    Spanish Dance, tirée de Accumulating Pieces, a été dansée pour la première fois dans une galerie d’art contemporain à New York, la Sonnabend Gallery et marque ainsi la porosité entre danse et arts plastiques sous le signe du minimalisme des années 70. Comme son nom l’indique, la série Accumulating Pieces explore un principe de composition par accumulation : d’autres pièces du cycle mettent en série le geste, par addition (1+2/1+2+3/1+2+3+4, etc.) et soustraction (1+2+3+4/1+2+3/1+2/1), invitant l’observateur à une double expérience : d’une part, saisir les infimes différences entre des gestes qui, contrairement aux apparences, ne sont jamais tout à fait les mêmes. D’autre part, sentir la variation de son propre regard au long de la répétition. Spanish Dance accumule plutôt les corps, et rejoint ainsi de nombreuses autres pièces et performances de la même époque en exposant notre « plus petite danse commune », à savoir la marche. La postmodern dance s’est beaucoup intéressée à rendre visibles les singularités de ce geste commun. A l’occasion de nombreuses pièces marchées, elle a aussi longuement interrogé les hiérarchies traditionnelles entre geste quotidien et geste dansé, corps de danseur et corps « piétons » (performers non danseurs ou « amateurs »). Elle a ainsi posé méthodiquement la question du territoire de l’art et de la danse. Spanish Dance cristallise ainsi nombre des questionnements théoriques et politiques de l’époque de sa création. Mais elle le fait dans une économie de moyens d’une subtilité singulière : elle combine l’alignement rigoureux des corps avec le plaisir nonchalant du déhanchement de cinq femmes qui s’emboitent l’une derrière l’autre en marchant sur le rythme soutenu d’une chanson de Bob Dylan, « Early Mornin’ Rain ».


    L’on voudrait ici actualiser cette petite danse comme une réponse teintée d’une douce ironie quant à l’image des chercheuses en danse à l’Université : « Les danseuses » du Département Danse ne sont pas (toutes) des danseuses, et le studio de danse est loin d’être leur seul lieu de travail. Comme tous les chercheurs(ses), elles travaillent leur matière grise généralement devant un bureau avec un ordinateur.
    Spanish Dance in Paris 8, donc, pour prendre l’image au pied de la lettre et se réapproprier le cliché.
    Evoquer dans l’efficacité d’un geste minimal tout autant
    - la nécessaire complexité du travail collectif,
    - une façon d’envisager l’histoire de la danse par le devenir de ses œuvres,
    - l’analyse du geste à travers sa mise en pratique,
    - l’envie de préserver un gai savoir dans la recherche des concepts.
    En profiter pour saluer l’œuvre célèbre de celle qui inaugura le travail du département Danse en 1989 à l’invitation du philosophe Michel Bernard.
    Et fêter l’inauguration du site Paris 8 DANSE, site des études et de la recherche en danse : http://www.danse.univ-paris8.fr

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