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Décembre 2001
L’opéra
de quat’ sous
Le
cinéma étant un instrument de combat, le metteur en scène n’est rien d’autre
qu’un homme de combat. Il l’est toujours, à chaque instant de son travail.
Jusqu’à son dernier souffle, il doit lutter pour ses idées, contre la
muselière probable de la censure.”1
Il est difficile de savoir comment Pabst analysait son propre film, tant
ses paroles sur le cinéma et sur ses films sont rares. L’opéra de quat’sous
est d’autant plus indiscernable qu’il est à l’origine d’une discorde entre
G.W Pabst et Berthold Brecht. Le film s’inscrit d’emblée dans une polémique,
une divergence des interprétations. Le problème de l’adaptation se pose
ici dans toute sa complexité. En effet, Berthold Brecht reprocha très
vite au réalisateur son goût de l’artifice et de la mise en scène, au
détriment de la satire sociale que suggérait la pièce de théâtre. Cependant,
à sa sortie, le film est salué par la critique, qui admire sa liberté
d’interprétation, et sa capacité à créer un monde purement cinématographique,
qui s’énonce tout en mystère, en noirceur, et qui laisse transparaître
une beauté mortifère, presque étouffante, une beauté qui dénonce sans
avoir recours aux dialogues ou aux symboles.
“Pour ce film, G.W Pabst paraissait abandonner son “objectivité” et prendre
parti, sous l’ironie d’un divertissement raffiné et ordonné comme un ballet,
dans le clair-obscur de belles photographies.”2
1 Propos de G.W. Pabst, repris dans Barthélémy Amengual,
George Wilhem Pabst, Seghers, Paris, 1966
2 Georges Sadoul, Histoire du cinéma, Flammarion, Paris, 1962
C. E.
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de G W. Pabst
1932
Allemagne
100 mn
Réalisateur : G.W Pabst
Producteur : Warner Bros, First National Tobis-Klang Film et Nero Films
Scénario : Léo Lania, Bela Balazs, Ladislaus Vjada d’après Brecht
Directeur Photo : Fritz-Arno Wagner
Décorateur : Andrew Andrejew
Musique : Kurt Weil
Interprètes : Albert Préjean, Odette Florelle, Gaston Modot, Lucy de Matha
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